Les enjeux

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Les enjeux du numérique pour l'intervention sociale

Concevoir le Plan numérique régional pour notre secteur social et médico-social, c'est partir de priorités en réponse aux besoins des personnes accueillies, de nos structures et de nos partenariats. Pour cela, nous nous inscrivons dans des enjeux nombreux, spécifiques ou généraux.

Prendre en compte les mouvements majeurs en cours

  • Comment allons-nous nous saisir, dans l’accompagnement et dans nos interventions, de l’explosion des ressources numériques, des technologies d’information et de communication, des interfaces homme-machine aidantes et protectrices, des pratiques sociales dans les réseaux sociaux, etc. ? Ce sont des ressources réelles pour nos publics, ce sont autant de supports à comprendre et à s’approprier, pour quelle « intervention augmentée » ?
  • Quelle sera notre approche astucieuse face à la croissance dure des logiques de rationalisation, de gains de productivité, des modèles de réduction des coûts qui viennent nous interpeller avec les moyens imposés de l’automatisation, de la normalisation par le bas ?
  • Comment convaincre nos acteurs de la nécessité et des avantages du numérique pour mettre en œuvre nos missions et nos services relationnels étant donnée leur culture, leurs références, leurs freins ?
  • Pouvons-nous anticiper l’interopérabilité des systèmes d’information, des traitements de données avant de subir des formats éloignés de nos objectifs humains et répondant aux exigences des tarificateurs, des autorités de tutelle ?
  • Comment se préparer aux apports des systèmes connectés ou de la robotisation dans l’intervention, dans le travail au bénéfice des bénéficiaires et des acteurs salariés et bénévoles ?
  • Quelles sont les garanties et la(les) sécurité(s) que nous assurons dans un monde ouvert, de réalités multiples et simultanées ?
  • ...

Affirmer notre approche émancipatrice

Avec la numérisation, l’automatisation, le développement des technologies de l’information et de la communication vont de pair des dépendances massives ou pathologiques, une déshumanisation, des inégalités d’accès et de droits, une domination d’entreprises géantes internationales se jouant des faiblesses, des états comme des personnes, la consommation de matières premières rares et d’énergie avec production polluante, et enfin avec de nouveaux mythes de futurs libérés ou de vies prolongées … les acteurs de l’intervention sociale et du médico-social ne peuvent observer et subir le bouleversement en cours, sans mener pour eux-mêmes et pour tous leurs publics les démarches conformes à leur esprit, leur démarche et leurs pratiques : permettre à chacun des choix libres et éclairés pour son projet de vie, pour décider par soi-même, pour faire société, travailler, s’associer, habiter, se soigner ….

Dans ce domaine comme dans tout autre, nous associons maîtrise d’usage et maîtrise d’ouvrage pour choisir les solutions avec valeurs, pour construire et valider les pratiques d’utilité sociale, d’intérêt général et non lucratives.

Nous relevons le défi de conduire une mutation qui conjuguera au lieu d’opposer la qualité de l’intervention sociale, la rationalisation des outils et l’ouverture sans limites des communications.

Pour cela on doit comprendre les pratiques sociales, l’émergence de nouveaux modes de communication et d’inter relations, les avantages et les limites, les risques des technologies numériques, les adhésions et les freins culturels ou économiques et accompagner tous les acteurs concernés : personnes accueillies et leur famille, les salariés, les bénévoles, les autres partenaires, …

Il y va de la responsabilité politique et technique des dirigeants de s’engager dans cette nouvelle frontière, en dépassant le trop court terme des contraintes de gestion.

Il y va aussi de la responsabilité d’un réseau de fournir les clés pour positionner l’offre de service.

Cette affirmation de notre approche humaniste conduit à traiter d’une nouvelle manière la question de la communication. Cette dimension, peu développée à ce jour, est assurément stratégique, elle est riche et complexe et devient dans cette mutation numérique une priorité transversale ; elle nous demande de maîtriser des questions de formes, d’outils et de fond, de changer le positionnement du travail social, de libérer les pratiques horizontales, … c’est une autre mutation associée au numérique.

Agir concrètement

Les associations sont diverses, de tailles et de moyens très inégaux pour mener à bien les travaux autour de leur mutation numérique, des diagnostics aux plans directeurs, des intégrations à la formation – un plan doit donc faciliter pour tous une progression assurée et réduire les obstacles pour les petites entreprises :

  • Concevoir les actions et agir en partant des usages, des traitements et des données personnelles (des personnes accompagnées, des intervenants sociaux, des acteurs).
  • Faciliter l’action et donner dès à présent des outils simples et pratiques (matrices ...), des réponses fiables juridiques (services de Nexem pour les clauses contractuelles des salariés par ex.) et échanger des exemples en les validant.
  • Lister les outils par domaines stratégiques (dossiers des personnes et leurs traitements, outils RH, outils de travail – métiers, méthodes, travail à distance - ,…).
  • Organiser le réseau consommateur face à des fournisseurs dominants (gestion, systèmes,…).
  • Recueillir et échanger des pratiques transférables et des bonnes adresses et les diffuser.
  • Repérer les compétences internes et externes et repérer les acquis numériques dans chaque métier.
  • Piloter les mutualisations permettant de disposer d’appui conseil, de supports (S.I., financier, opérateurs, sécurité,...) ou pour les DPO par ex.

Les trois grands axes stratégiques de la mutation numérique de notre secteur social et médico-social se complètent ainsi :

1. Autour des Systèmes d’Information (S.I.)

2. Initiatives dans nos métiers, avec et pour les personnes

3. Initiatives dans nos métiers, avec et pour les salariés

Avec deux transversales : 

Pour toutes ces actions, avec la sensibilisation des acteurs, nous saisirons les ressources de la formation. Les apprentissages comme les offres en la matière sont divers et enrichis, nécessaires et évolutifs sans fin … c’est une condition et un résultat des mutations produites par le numérique. Nous en faisons une seconde priorité transversale avec notre premier partenaire Unifaf.

La communication est devenue stratégique et couvre toutes les dimensions des pratiques sociales, le numérique ayant là aussi brisé les régulations habituelles.

4. La Formation

5. La Communication

 

Pour conclure cette note d’introduction, nous engageons une production pragmatique à deux vitesses : 

  • offrir des solutions concrètes dans le court terme en mobilisant l’échange de pratiques et les expertises et les ressources acquises, prenant en compte la diversité de nos structures et de leurs moyens
  • piloter une progression, des mutualisations, une organisation dans le moyen et long terme, pour favoriser les mutations 
    • avec une participation des personnes et des acteurs,
    • avec le développement et la reconnaissance des compétences (usages et maîtrise d’ouvrage)

Nous lançons une démarche de co-construction et de coopération avec les partenaires nécessaires comme avec les associations. Nous organisons un pilotage régional élargi, avec l’appui de Nexem (national et régions) pour répondre aux besoins et aux urgences.

Cette synthèse est issue du travail du GTR auxquel ont participé : Laurent Beuchon, Olivier Blondeau, Stéphan Le Doaré, Nathalie Popelier, Gérard Sanvicens, François Sentis et d'échanges préalables avec : René Andron, Michel Hédon , Michel Stroppiana et Nadège Vanneste